Dans la plupart des maisons anciennes, le plancher du grenier ne se contente pas de quelques centimètres d’irrégularité : on y découvre souvent des courbes inattendues, héritées du temps et des usages. Pour redonner du plan à ce type de sol, plusieurs méthodes s’offrent à vous. Éclairage de Jean-Michel Sagne, menuisier aux Ateliers Sagne, à Guérande.
Le plancher ne porte pas : créer un nouveau solivage
Quand le plancher ne supporte rien d’autre que son propre poids, il faut envisager une transformation en profondeur. Cela passe par la pose de nouvelles solives, qui viennent s’ajouter au solivage existant. Si les murs sont en béton, les solives se fixent à l’aide de sabots métalliques. Sur un mur en pierre, on préfère intégrer les solives directement dans la maçonnerie. Ce nouvel assemblage sert de base à un plancher en OSB, en aggloméré ou en bois massif. L’espace laissé libre entre les deux niveaux de solives offre une occasion de glisser un isolant acoustique, pour atténuer bruits d’impact et sons d’ambiance.
Le plancher supporte la charge : régularisation avec lambourdes
Si le plancher est porteur mais présente des bosses ou des creux, la solution la plus courante consiste à installer des lambourdes. Celles-ci se posent sur le plancher existant, perpendiculairement ou parallèlement aux solives. Leur hauteur se règle avec des cales, afin de gommer les inégalités. On vient ensuite visser ou clouer un plancher en OSB, en aggloméré ou en bois massif sur ces lambourdes. Petite précision : un revêtement en OSB ou aggloméré accepte sans problème une finition en moquette, PVC ou parquet flottant. En revanche, le carrelage est à proscrire sur ces supports. Avec du bois massif, le sol reste apparent, sans habillage supplémentaire.
Le plancher est porteur : les plaques Fermacell en alternative
La pose de plaques de sol Fermacell constitue une option rapide et efficace sur un plancher porteur. On commence par étaler une chape sèche à base de billes isolantes, en carbone ou en argile expansée, pour niveler la surface. Les plaques de Fermacell s’assemblent ensuite par feuillures, sans fixation au plancher d’origine. Ce procédé limite les ponts thermiques et se distingue par sa rapidité de mise en œuvre. Une fois les plaques collées et vissées (généralement en 20 mm d’épaisseur), la surface est prête à recevoir n’importe quelle finition, carrelage compris.
Petite différence de niveau : le ragréage léger
Lorsque l’écart de niveau ne dépasse pas un centimètre, un simple ragréage suffit souvent. Avant de commencer, une vérification du plancher s’impose : il doit être sain, sans fissure ni faiblesse. Les petits trous sont rebouchés au mastic silicone ou au ruban adhésif. Après cette phase, il devient possible d’installer un revêtement souple (tapis, PVC, sisal) ou un parquet flottant. À éviter, le parquet collé, qui pourrait ne pas supporter les éventuels mouvements de la structure.
Pour aller plus loin, découvrez notre dossier consacré aux trois grandes étapes structurelles rencontrées lors de l’aménagement d’une mansarde typique dans une maison à charpente traditionnelle. L’expertise de M. Christian Marquis, Directeur exécutif de l’AFA SEMI, y apporte un éclairage précieux. Consultez le rapport complet ici.
À retenir avant de se lancer :
- Si vous choisissez l’aggloméré, privilégiez les plaques vertes (qualité extérieure), hydrofuges, pour limiter les conséquences d’un éventuel dégât des eaux. Ces plaques mesurent généralement 22 mm d’épaisseur et conviennent pour un entraxe de 50 cm entre lambourdes. Au-delà, il faudra densifier le support.
- Les plaques d’OSB sont systématiquement conçues pour résister à l’humidité. Pour un espacement de 50 cm entre les lambourdes, une épaisseur de 18 mm est suffisante. Si l’écart atteint 60 ou 70 cm, mieux vaut passer à 22 mm.
Remettre un plancher de niveau, c’est offrir à une pièce une nouvelle vie. Derrière chaque méthode, il y a le choix d’un confort retrouvé, d’un sol solide et silencieux, prêt à accueillir les usages d’aujourd’hui. La prochaine fois que vos pas résonneront sur un vieux plancher, imaginez tout ce qu’il a fallu d’ingéniosité et de technique pour lui redonner sa place dans la maison.




