Impossible de nier l’étrangeté de ce rituel : certaines petites mouches, sitôt entrées chez nous, semblent possédées par une obsession. Toujours les mêmes cercles, inlassablement répétés sous le lustre, au centre de la pièce. On a beau ouvrir la fenêtre, elles reviennent, comme poussées par un ordre invisible. D’où vient cette fixation ?
Voici en quelques points ce qui se cache derrière ce ballet entêtant :
- Seules certaines mouches s’adonnent à ces vols circulaires
- Le centre de la pièce devient un véritable lieu de rencontre
- La sécurité joue aussi son rôle
Toutes les mouches ne tournent pas en rond
Ce manège n’est pas partagé par tout le règne des mouches, loin de là. On l’observe surtout chez une espèce bien précise : la petite mouche domestique (Fannia canicularis).
À ne pas confondre avec sa cousine plus massive, la mouche domestique classique (Musca domestica). Cette dernière mesure en général autour de 7 à 8 mm, tandis que la petite mouche domestique affiche plutôt 5 à 7 mm sur la toise.
La Fannia canicularis se hisse au rang de deuxième mouche la plus fréquente dans nos intérieurs. Rien d’étonnant à ce qu’on la retrouve dans les cuisines et les pièces à vivre. Elle raffole aussi des denrées alimentaires, comme la mouche domestique. Mais elle se distingue par l’originalité de son vol circulaire, souvent au centre des chambres. Et ce comportement n’a rien d’anodin.
Le centre de la pièce, scène de séduction
Si la petite mouche domestique tournoie ainsi, ce n’est ni un signe d’égarement, ni un caprice. C’est un rendez-vous.
Chez cette espèce, les mâles se donnent un point de ralliement bien précis pour attirer les femelles. Le but ? Assurer la reproduction, tout simplement. Crédit : Rui Andrade/Wikimedia Commons
Réunis au même endroit, les mâles entament une véritable danse nuptiale. Ce spectacle aérien a un sens : il permet aux femelles de repérer rapidement un partenaire potentiel. Cette démonstration collective maximise les chances d’être choisi, tout en laissant aux femelles la liberté de la sélection. La pérennité de l’espèce passe par ce rituel, répétée inlassablement au cœur de nos salons.
Un choix dicté aussi par la sécurité
Mais ce comportement n’est pas dicté uniquement par l’instinct de reproduction. Voler en cercle, bien dégagé au centre de la pièce, c’est aussi une manière très pragmatique d’éviter les collisions.
Une mouche qui percute un mur à pleine vitesse s’expose à bien plus qu’une simple frayeur : elle risque la blessure, parfois fatale. Rester dans un espace dégagé, au cœur de la pièce, réduit nettement ce genre de risques. Le cercle, ici, devient une assurance vie.
Source
À lire aussi :


