Le plexiglas se perce très bien avec une perceuse de bricoleur, à condition de comprendre pourquoi il casse. Ce matériau acrylique accumule la chaleur au point de contact. Quand la température monte trop vite, la matière fond localement puis se rétracte en refroidissant, ce qui crée une micro-fissure.
L’autre piège, c’est la sortie du foret : la plaque n’a plus assez de matière pour résister, et le plastique éclate en étoile. Deux problèmes, deux causes distinctes, et des solutions simples avec du matériel que vous avez déjà dans votre atelier.
Modifier un foret métal standard pour percer du plexiglas
Vous n’avez pas de foret spécial plastique sous la main ? Un foret HSS classique convient, mais il faut lui retoucher la pointe. Les forets métal sont taillés avec un angle de pointe agressif, conçu pour mordre dans l’acier. Sur du plexiglas, cette géométrie agit comme un coin qui force la matière au lieu de la gratter.
La modification consiste à adoucir la pointe du foret à la meule pour obtenir un angle plus obtus. L’objectif est de passer d’une coupe franche à un grattage progressif. Prenez votre touret ou une simple meule montée sur perceuse, puis émoussez légèrement les deux arêtes de coupe.
Vous cherchez un repère visuel ? La pointe doit paraître moins pointue qu’un foret neuf, presque aplatie. Testez sur une chute de plexiglas : si le foret produit des copeaux en ruban continu plutôt que de la poudre fine, la géométrie est correcte. De la poudre signifie trop de friction et donc trop de chaleur.

Vitesse de rotation et refroidissement : le duo qui évite la fissure
Vous avez déjà remarqué que le plastique colle au foret quand on perce trop vite ? C’est l’acrylique qui fond. Le plexiglas a un seuil de température au-delà duquel il se ramollit, et un foret qui tourne trop vite y arrive en quelques secondes.
Régler la perceuse sur une vitesse basse
Utilisez une perceuse à vitesse variable et réglez-la sur le tiers inférieur de sa plage. Si votre perceuse n’a pas de variateur, branchez-la sur un régulateur de vitesse bas de gamme ou optez pour une visseuse sans fil, dont le couple et la rotation restent naturellement modérés.
Arroser le foret pendant le perçage
C’est la technique qui fait la plus grande différence et que beaucoup de guides négligent. Gardez un petit pulvérisateur ou un simple gobelet d’eau à portée de main. Arrosez le point de perçage toutes les quelques secondes, ou dès que vous voyez les copeaux changer de forme.
L’eau absorbe la chaleur et empêche la matière de fondre. Sur une plaque fine, le perçage dure si peu de temps qu’un simple filet d’eau suffit. Sur une plaque épaisse, relevez le foret régulièrement, laissez l’eau entrer dans le trou, puis reprenez. Ce mouvement de va-et-vient évacue aussi les copeaux qui, en s’accumulant, créent encore plus de friction.
Préparer la plaque de plexiglas pour un perçage sans éclat
Avant même de toucher la perceuse, deux gestes simples réduisent considérablement le risque de casse.
- Collez un morceau de ruban adhésif (type masking tape) sur les deux faces de la plaque, à l’endroit du trou. Le ruban maintient les fibres de surface et limite l’éclatement en sortie de foret.
- Placez la plaque sur un support rigide et plat (planche de contreplaqué, MDF) pour qu’elle ne fléchisse pas pendant le perçage. Serrez avec des serre-joints en intercalant un tissu ou du carton pour ne pas marquer le plexiglas.
- Marquez le centre du trou au feutre, puis amorcez avec un pointeau très léger ou la pointe d’un clou posée à la main, sans frapper fort. Un simple creux guide le foret et l’empêche de glisser sur la surface lisse.
Ne retirez jamais le film de protection si la plaque en possède un. Il joue le même rôle que le ruban adhésif et se retire proprement après le perçage.

Percer un trou de grand diamètre dans du plexiglas avec une scie cloche
Pour un trou de plus de quelques centimètres, un foret classique ne suffit plus. La scie cloche est l’outil le plus accessible en bricolage pour ce type de découpe. Mais elle est aussi la plus risquée sur du plexiglas, parce que la surface de contact (et donc la chaleur produite) est beaucoup plus grande.
La méthode fiable consiste à percer d’abord un avant-trou central avec un petit foret, puis à attaquer à la scie cloche en vitesse très lente. L’arrosage devient ici non négociable : sans eau, l’acrylique fond en quelques tours et soude les dents de la scie.
Si vous n’avez pas de scie cloche, percez plusieurs petits trous en cercle, proches les uns des autres, puis limez les ponts restants avec une lime demi-ronde ou du papier abrasif enroulé. Le résultat est moins net, mais il fonctionne sans outil spécialisé.
Trou surdimensionné et fissures différées : un piège méconnu
Vous avez percé proprement, le trou est net, et la fissure apparaît trois semaines plus tard. Ce scénario arrive quand une vis ou un boulon est serré directement dans un trou au diamètre exact. Le plexiglas se dilate et se contracte avec les variations de température. Si la fixation bloque ce mouvement, la contrainte s’accumule et finit par fissurer la plaque.
Percez toujours un trou légèrement plus large que la vis qui le traversera. Cette marge permet au matériau de jouer sans forcer. Utilisez une rondelle large sous la tête de vis pour répartir la pression sur une surface plus grande. Ce geste simple protège vos réalisations sur la durée, en particulier pour les plaques installées en extérieur ou près d’une source de chaleur.
- Foret de diamètre supérieur à la vis d’environ un à deux millimètres.
- Rondelle large en nylon ou en caoutchouc entre la tête de vis et le plexiglas.
- Serrage modéré : la vis maintient, elle ne comprime pas.
Le perçage du plexiglas ne demande ni outil coûteux ni compétence particulière. Un foret retouché, une vitesse basse, de l’eau et un support stable suffisent à obtenir un trou net. Le détail que la plupart des bricoleurs oublient, c’est le surdimensionnement du trou pour la fixation finale. C’est pourtant lui qui décide si votre plaque reste intacte dans six mois.

